• L'humain et les animaux de compagnie...

    Après mon coup de colère (ICI) abordant un des comportements que peuvent avoir certaines personnes vis
    à vis d'un de leur Chien, un autre coup de colère concernant les adoptions compulsives suivies d'abandons...


    Les chiffres me font réellement froid dans le dos.
    Adopter pour soulager nos manques affectifs, il vaudrait mieux aller dans un magasin de peluches. Les animaux ne sont pas des jouets !

    Longtemps, j'ai naïvement pensé que le Chien était l'animal privilégié des Hommes, celui auquel nous étions le plus capable de donner.
    C'était une erreur, et avec le temps, j'en suis arrivée à penser que c'était même tout à fait le contraire. Aujourd'hui, je pense très franchement
    que le Chien est l'animal qui pâtit le plus de notre possessivité, de notre inconstance, de notre négligence, de notre exigence aussi et de notre
    irresponsabilité... D'ailleurs, presque deux fois plus de chiens que de chats sont abandonnés chaque année... véritable fléau !


    L'humain et ses animaux de compagnie... (page en construction)


    L'abandon volontaire d'un animal est reconnu comme un acte de cruauté puni par le Code pénal. Pourtant, en France la SPA estime
    en moyenne à 100 000 le nombre de chiens et de chats abandonnés chaque année. Dont 60 000 durant la période estivale. Une bien 
    affligeante réalité. Certes le nombre des abandons explosent en période estivale, mais ils existent bien tout au long de l'année. 
    La SPA en recueille une partie (40.000) dans 63 refuges à travers la France.

    En France, toutes les heures on abandonne plus de 11 animaux domestiques ;-(

    Vivre avec un animal améliore généralement la qualité de vie des personnes de nombreuses manières : ils réduisent la sensation de
    solitude, favorisent les relations sociales, aident à conserver la forme, ils nous font rire, nous émeuvent....  Alors pourquoi ?

    Selon une enquête réalisée en 2010, les principaux motifs d’abandon de chiens et de chats ont été :

    - les portées inattendues (14 %) 
    - les changements de domicile (13,7 %)
    - les facteurs économiques (13,2 %)
    - la perte d’intérêt pour l’animal (11,2 %)
    - le comportement problématique des animaux (11 %)
    - la fin de la saison de chasse (10,2 %)
    - les allergies de l’un des membres de la famille (7,7 %)
    - la naissance d’un enfant (6,4 %)
    - un séjour à l’hôpital ou le décès du maître (3,5 %)
    - les vacances (2,6 %)
    - la peur de contracter la toxoplasmose pendant la grossesse (2,4 %).
    - n'ont pas donné de réponse (4,1%)

    Toutefois, avec ces chiffres, cette enquête continue de signaler une incompatibilité entre certains propriétaires et certains animaux
    de compagnie : une méconnaissance de ce qu’implique le fait de vivre avec un animal et dans certains cas, des attentes erronées sur le
    comportement normal d’un chien (ou d’un chat). Je suis parfaitement de cet avis, les différents motifs énoncés n'étant à mon sens que 
    des raisons pour que l'abandonnant se donne bonne conscience en trouvant un motif plus ou moins "légitime" à son acte.

    On peut en effet voir des comportements, à mon sens aberrants, concernant essentiellement le Chien, comme cette manière qu'ont
    certains maîtres de vouloir le modeler à l'image qu'ils souhaitent renvoyer d'eux-mêmes, sans se soucier de la souffrance qui peut
    lui être infligée par manque d'empathie, par incompétence et par cruauté (manifestations de domination sur l'animal).

    Mais aussi je pense à ces personnes qui ont juste craqué sur une petite "peluche" pleine de poils, au regard si tendre, et qui n'ont
    eu que l'envie d'assouvir ce besoin de posséder ce petit être vivant, sans prendre le temps de réfléchir au fait qu'il va grandir, au
    tempérament de l'animal inhérent à sa race, aux conséquences et même aux contraintes que cela va forcément induire :

    - Les frais vétérinaires auxquels on ne peux échapper (soins, maladie, accident...) ;

    - Les frais de nourriture qui représentent un certain budget (à réfléchir si le budget est déjà serré) ;

    - Selon le choix de la "marque" de l'animal, il pourra y avoir des frais de toilettage réguliers ;

    - Le fait qu'un animal "salit" en laissant des traces de ses pattes, des poils (maniaques, évitez les animaux !).

    - Quand il est bébé, le chiot a besoin d'apprendre la propreté, cela peut-être plus ou moins long, et oui, il faudra ramasser ses besoins
    car il n'aura pu se retenir toute une nuit. Il déchiquettera aussi peut-être vos chaussures ou vos plantes... car ses dents le font souffrir.

    - Le chaton quand à lui aime grimper, c'est dans sa nature. Il fera peut-être ses griffes sur les rideaux ou sur le précieux canapé...

    - Pour les vacances, il sera nécessaire de compter AVEC l'animal, soit par un mode de garde décent pour lui et qu'il soit en mesure de
    supporter, soit de choisir de le considérer comme un véritable membre de la famille et qu'il nous suive où que nous allions... ce qui aura
    alors d'autres conséquences : difficile de partir à l'autre bout du monde avec lui (eux) et il faudra trouver un système ou non seulement
    l'animal pourra nous accompagner, mais où il se trouvera en sécurité dans ce lieu qu'il ne connaît pas et dans lequel il pourrait ressentir
    du stress. Et il faut avoir un véhicule adapté pour que l'animal y ait sa place, avec un ou des enfants, les valises, la poussette... 

    - Un animal vieillit lui aussi, et avec les années apparaissent les problèmes de santé, la fatigue, les frais... car en théorie, nous aurons
    choisi de prendre soin de lui (d'ailleurs, j'aimerai aller vivre en Théorie, parce qu'en Théorie tout se passe bien). 
    Souvent, cela impliquera d'adapter nos habitudes, de mettre de côté nos envies aussi... 

    - Il y a les besoin de l'animal de se promener et tout autant de se soulager.

    Pour les Chats, c'est souvent plus simple. Ils rentrent et sortent de la maison à leur guise. On leur installe une chatière, et il n'y
    a pas à se soucier des promenades, qu'il pleuve, qu'il vente, qu'il neige, qu'on soit fatigué ou même malade. Pour les chats en
    appartements, ils ont leur litière et sont habitués à ce mode de vie, donc pas de souci de sorties.

    Pour les Chiens, c'est différent, à moins de disposer d'un terrain ou il peut aller se défouler et déposer ses besoins (malgré tout,
    il faudra nettoyer, mais s'il pleut, cela peut attendre le lendemain). En appartement, le chiens aura besoin de sortir et de se défouler.
    Tout comme son maître, il aura besoin de se soulager à plusieurs reprises et non pas juste le matin à 8 heures et le soir à 20 heures.
    En outre, il peut pleuvoir, on peut être grippé, avoir une entorse, être fatigué et ne pas être disposé du tout à sortir, avoir besoin
    d'être hospitalisé... A deux, pas de souci, mais seul, assurer le bien être de l'animal dont on s'est rendu responsable peut devenir
    très rapidement un véritable parcours du combattant. Ce sont donc des choses à considérer éventuellement avec le voisinage, des
    amis sur lesquels on peut compter et qui acceptent volontiers ou encore certains système de garde.

    - L'animal de compagnie... aime la compagnie, alors pourra t'on être présent pour lui ou passera t'il ses journées seul, enfermé dix à
    douze heures par jour ? Forcément si c'est le cas, il faut bien avoir à l'esprit que... par ennui, il fera ce que vous considérez comme
    étant des dégâts, ce qui pour lui ne sera qu'une manière de s'occuper mais certainement pas des bêtises.

    - Il y a aussi l'espérance de vie de l'animal à considérer avant de décider d'une adoption, réfléchir à sa condition personnelle (seul ou
    accompagné), à ses capacités physiques : s'il arrive quelque chose impliquant l'impossibilité de  garder l'animal, y aura t'il une solution
    qui soit acceptable pour lui autre que celle de l'imposer à des personnes qui n'ont pas fait ce choix de l'assumer, devra t'il être placé
    en refuge ou pire... euthanasié ? Y aura t'il une personne acceptant de le prendre en charge comme vous l'auriez fait vous-même ?


    Voilà un certains nombre de choses auxquelles il est impératif de réfléchir avant de faire le choix d'une adoption. Adopter un animal
     rend responsable de son existence, de son bien être. Si ces différentes situations (et il y en a bien d'autres...) semblent être sources 
    de problèmes, mieux vaut renoncer à cette compagnie, car tôt ou tard, l'animal deviendra un poids insupportable. 

    Pour une adoption il y a deux possibilités : soit le choix d'un bébé, soit celui d'un animal déjà adulte. 

    Si l'animal est choisi bébé il pourra s'habituer tout petit à votre mode de vie, il pourra bénéficier d'un apprentissage cohérent dans
    ce qui lui est permis ou pas. C'est probablement la solution la plus adaptée l'assurance à une bonne entente à condition cependant
    d'avoir pris le temps de faire des recherches sur le caractère de la "marque" choisie (certaines sont calmes et sociables, d'autres sont
    très craintives, certaines sont de tempérament fugueur, certaines sont hyper-actives, certaines ont une grande capacité d'apprentissage
    et d'autres non...). Les vétérinaires sont capables à présent de déterminer les croisements, on peut donc aisément tenter de savoir quels
    seront les points prédominants du caractère d'un animal. 

    On peut aussi choisir un animal en refuge (et là en général l'animal est adulte surtout pour les chiens), il aura donc un passé et s'il
    se trouve en refuge, c'est forcément que ce passé n'est dores et déjà pas léger. Il est donc nécessaire d'essayer d'en savoir le
    plus possible sur ce passé, sur sa manière de se comporter, de bien peser les conséquences d'une telle adoption et de s'assurer
    qu'on est prêt à assumer l'animal tel qu'il est, avec ses souffrances, ses terreurs, ses névroses installées... et être en mesure de
    s'adapter à lui. Faute de quoi, pour lui, une nouvelle mauvaise expérience sera probablement source d'un nouvel abandon, d'un
    traumatisme supplémentaire qui le rendra de moins en moins adoptable.

    Je comprends que l'on puisse fondre sur une adorable boule de poils au regard doux et tendre, câlin à souhait, craquant... mais,
    essayons de conserver l'intelligence dont on se targue régulièrement haut et fort et de bien réfléchir avant de s'y engager.

    De plus, si nous sommes réellement en mesure d'assumer un, deux, voir trois animaux... est il encore raisonnable de craquer à chaque fois
    qu'un chiot ou qu'un chaton croise notre route ? Chaque animal supplémentaire multiplie les contraintes et les frais qu'il faudra assumer. 
     Alors vraiment, prenons le temps de réfléchir à tout cela et ne nous prenons pas pour le sauveur de tous les animaux alors qu'au final nous
    ne ferons que des malheureux en ayant agi sur un coup de tête, face à trop de problématiques menant à un abandon.

    J'ai pour exemple une personne qui, ayant déjà  plusieurs chiens et chats et qui, en deux ans environ, en est à sa sixième adoption de chiots
    (si toutefois j'ai bien tout suivi) pour se séparer quelques mois plus tard de chacun des cinq précédents adoptés. Une expérience malheureuse 
    ne lui aura pas suffit pour lui faire réaliser que... peut-être il y a quelque chose qui ne tourne pas bien rond à adopter ainsi sans le moindre 
    discernement, et pour finir par se débarrasser de l'animal sous prétexte que cela pose problème.
    Bien sûr que la présence d'un animal pose certains problèmes, c'est une évidence, alors utilisons ce magnifique instrument qu'est notre cerveau
    avant de poser des actes inconsidérés et d'une grande cruauté, tout en prétendant aimer les animaux. L'amour commence avec l'empathie !
    Ce fonctionnement ressemble à du caprice et à une incapacité à se gérer soi-même. Comment parvenir à gérer d'autres existences dans ce cas ?

    Comment prétendre aimer les animaux et en même temps vouloir faire de son chien un jouet obéissant au doigt et à l'oeil, 
    n'ayant plus de personnalité propre, en lui envoyant des décharges électriques dès lors qu'il n'agit pas ainsi que nous le voulons ?
    Comment prétendre aimer les animaux quand on pratique l'adoption compulsive pour abandonner ensuite quand se posent
    les difficultés pourtant tellement prévisibles ? Et en plus, malgré tout... de récidiver encore et encore !

    Ma réponse est sans appel : Il n'y a AUCUN amour dans ces fonctionnements ! 
    L'animal ne représente alors que le faire valoir de l'humain ! 
    Il ne devient que le triste reflet de ce que cet humain veut faire paraître de lui/elle au regard des autres.


    Mais j'ai tendance à oublier...
    C'est vrai, ce ne sont QUE des animaux !
    Les envies et le plaisir du moment de l'humain passent avant tout et bien avant la souffrance de l'animal qui ne compte au final que pour peanuts !
    Sauf que... ce ne sont pas des peluches, et que ces pauvres animaux subissent la terrifiante immensité de la connerie humaine !!!

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